mercredi 21 octobre 2009

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

The Notwist et Interpol reviennent, pour remplacer Passion Pit et Кино́, les gants ressortent des poches, les arbres sont décharnés... L'hiver s'installe. Et avec lui la routine se familiarise avec nous au fur et à mesure qu'elle est déchiffrée et organisée.
Je peux lire presque entièrement le panneau qui est censé vouloir dire "salle à manger", dans le dortoir. Y a que 3 kanjis ^^ Mais les deux derniers sont 食室 (ta shitsu ; quoique "ta" doive sans doute se prononcer autrement puisque c'est du on-yomi et pas du kun-yomi). Ca veut dire respectivement "manger" et "salle". J'ai vu un pigeon mort. J'en avais pas vu depuis que je suis arrivé. Il est peut-être mort de froid. Pas de faim.
Je sors encore ce soir, demain soir possiblement, samedi et dimanche. Je continue de rencontrer des gens. Tellement que je ne me souviens plus de tous. En tous cas les noms asiatiques j'ai un mal dingue à m'en souvenir. Il paraît que j'ai une excellente pronciation du chinois. Chuis content de rouler les "r" presque à la finlandaise. Ils ont une quatorzaine de cas dans leurs déclinaisons, ces barjos. Et je peux toujours lire le russe, aussi bien que le japonais à vrai dire. Quant à parler russe je le garde pour moi :-)
J'ai de plus en plus envie de sortir du cercle "étudiants internationaux".

Ah tiens c'est marrant ça. Je viens de faire l'analogie entre "rester dans ma chambre / me confronter à la ville" et "rester avec les internationaux / me confronter aux Japonais" des premiers jours.

Les cours continuent ; je me mets au sommeil polyphasique. On essaie de changer l'ordinaire des classes ; la Japanese Communication est un calvaire. Alors quand on doit lire un texte, avec Alexei on va en chercher 3 autres même pas que pour faire des trucs plus difficiles mais surtout parce qu'on devient tarés à force de répéter 3 phrases pendant 1h30, et 10 phrases depuis 2 semaines. Quand on doit faire des conversations sur le modèle qui nous est donné, on change tout ce qui est changeable. Alors tout à l'heure, quand on était interrogés et qu'on devait passer devant toute la classe, "408のサントス" (c'est-à-dire M. Santosu de la chambre 408, que l'on prononce よん れい はち, yon rei hachi) s'est transformé en 日本のやくざの山田 (M. Yamada, des Yakuzas du Japon). Et au lieu d'offrir du café en cadeau de bienvenue, on s'est offert une gomme que l'on a dit être une barre de cocaïne.

Tout baigne toujours. Mais je sais pas, comme à chaque fois que l'on s'organise et que l'on prend une habitude, un voile tombe. De la même manière que lorsqu'on pense au chemin que l'on fait tous les jours pour aller au boulot, ce chemin est "vu" grisé en pensée. 'faut que je change ça, j'aime pas ce sentiment.

Je peux de plus en plus baragouiner japonais et je continue d'en rencontrer. D'ailleurs hier Akihide a été tellement fan du pa amb tomàquet et des crêpes (le sagouin, il en a bouffé une bonne dizaine, au début miel / confiture de fraise, puis mandarine et miel, bonbons au chocolat et miel, et il a fini en ne mettant que du sel puis en mettant du sel, des tomates et de l'huile. Ah le sagouin.) qu'il va nous inviter à un repas japonais en retour.

'fin bon là 'faut que j'aille me coucher 3/4 d'heure ; après ça je bouquine et je rattaque le manuel de japonais. Puis j'irai en cours, je discuterai avec la Kirghize et je me fouterai de sa gueule parce que son président est un autocrate en puissance, et elle va me répondre sèchement parce qu'apparemment dans sa culture ça n'est pas agressif d'être ce que moi j'appelle agressif, et ça va être sympa. A la fin de ce cours, Makoto m'attendra dans le hall du bâtiment et on ira manger chez lui et discuter de Joshua (Makoto c'est le catho) et de la culture japonaise.

Merde, j'ai encore oublié de m'acheter la DS. Demain 'faut que j'aille voir quelqu'un à l'ISC pour discuter de la présentation en anglais qu'ils me demandent de faire de la France à un symposium (je serai payé !) le 2 novembre. Et demain soir apparemment y a une fête d'accueil des étudiants internationaux mais ça me dit pas des masses. Ca a l'air chiant d'avance. S'il y a un autre plan j'en serai, sinon j'irai à ce truc. Samedi on a le field trip. Décidément, Kim Myeongkyu me rappelle de plus en plus Damien. C'est une bonne chose :-) Ils en seront, les Coréens, du field trip ; c'est pour ça que je m'en rappelle. Et dimanche, excursion en voiture louée avec 4 Japonais minimum, Neige et je sais pas trop qui d'autre.

Y a encore des tas de trucs que j'ai envie de faire. Et, je crois qu'après avoir écrit ce tissu de trucs pas vraiment intéressants et en tous cas complètement subjectifs, le ciel s'est rouvert. Ouaip, je dois toujours aller voir la mer.
Allez, je vais dormir et choper un truc sympa à bouquiner. Je vais aussi remplacer One Step Inside Doesn't Mean You Understand (particulièrement adapté, tiens) par... Haha ouais, j'aurais dû y penser plus tôt :-D : La Motta (Electric Electric).

じゃ待った明日 (ça veut dire "à demain", ça se prononce "ja matta ashita", et c'est bizarre parce que "ja" c'est inclus dans les phrases négatives à côté de "arimasen" (base négative des verbes, adjectifs etc, au présent et passé), et matta a pour racine "attendre". Alors ça ressemble un peu au "can't wait" anglais. A vérifier)
Ouaip, donc à plus. Demain je sais pas, mais bientôt sans doute.

L'hiver, ça doit être la maturité. Un truc comme ça. Rien ne se passe en surface, mais tout se prépare "à l'intérieur", attendant le moment propice. C'est long et chiant, mais à la fin ça porte ses fruits. 'faut juste savoir en profiter.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire