jeudi 24 septembre 2009

Bientôt arrivé

Je sais bien que c'est cucul-la-praline. J'ai seulement écrit aussi vite que ma main le permettait, tout ce qui me passait par la tête. J'ai écrit enfin, comme écrit quelqu'un qui écrit : j'ai écrit pour faire sortir. Et je ne veux pas censurer ça. Alors oui c'est cucul, et j'assume :-)


Deuxième avion de la journée. (Je suis éreinté, émerveillé et triste à la fois.) Alors que vous venez à peine de vous lever, en France et en Espagne, pour aller au boulot, ici il est déjà tard et je ne mangerai pas dans l'avion (je crève la dalle mais je n'ai que des euros). Pris en charge dès mon arrivée à Nagoya, on m'a dirigé jusqu'à l'enregistrement des bagages – heureusement. Mais grâce / à cause de ça, je n'ai pas pu chercher de yens. Ce sera pour mon arrivée à Sapporo ! Dans 2-3 heures je crois. Quelques considérations sur ce que j'ai vu des japonais : effectivement ils ne sont pas grands, ont les yeux bridés et ont le teint jaune pâle. Maintenant que je me dirige vers une région moins touristique, on commence à plus m'observer (du coin de l'oeil). Si j'en crois mes faibles connaissances du japonais, les terminaisons en -します (shimass) et -ください (kudassaï) sont des formules de politesse. On les retrouve absolument partout, et c'est particulièrement frustrant de ne pouvoir déchiffrer qu'elles : je sais qu'on est poli avec moi mais je ne sais pas à propos de quoi. A part ça, les japonais parlent très faiblement. Ca couplé avec un anglais fortement marqué par un accent asiatique ajoute à l'incompréhension de ce nouveau monde qui devient quasi-totale. Décollage et survol de Nagoya : l'aéroport est sur un polder, la mer et le ciel ne font qu'un, l'horizon brouillé par des nuages évanescents. La ville est très étalée, divisée en îlots d'urbanisation par des forêts et des champs. Comme si c'était l'inverse de ce que je pouvais voir en France : les champs bouchent les trous ; en France, des villages ou des hameaux sont perdus au milieu d'immenses étendues agricoles. Une mer de nuages surplombe un océan de forêts se disputant la place avec des lacs d'aménagements urbains. Et maintenant les montagnes. Elles n'ont l'air que de simples crevasses dans la paume d'une main. Et pourtant, mer forêt montagne, voici le paysage nippon. L'homme se débrouille ensuite avec ce qu'il reste. Tout se confond : l'océan, les nuages et l'Archipel. Ici et là, quelques sommets portent ce toit de cumulus. L'un deux le perce ! Fier, majestueux, son sommet éventre le toit du monde ; ce ne peut être que le mont Fuji. Les nuages s'agglutinent autour, comme pour l'étouffer, découvrant ainsi une vallée enclavée dans deux hauts chaînons, en voici un autre qui court vers le Fuji et un autre qui se jette sous l'aile de l'avion. Entre eux, les vallées sont dominées par les villes, taches brunes et blanches, englouties par des étendues vert foncé : les forêts. Mais alors que l'ombre du Fuji s'éloigne, de longs nuages bruns s'étirent, vaporeux. J'aimerais croire qu'ils ne fussent pas constitués de pollution. Ils s'étendent, tranchant entre le ciel et la mer, chassant les majestueux cumulus. A l'intérieur, la télé japonaise montre Sarkozy. Au-dehors, l'avion a franchi un plancher de nuages ; ne subsiste que le ciel radieux, de ce point de vue. Le Fuji a disparu, mais le filet brunâtre semble se fondre dans ce tapis. Je vais tenter de me reposer, je dois être capable de tenir debout jusqu'à ma première nuit à l'heure nippone. (Exemple de chuchotement des Japonais : l'hôtesse propose à boire, j'acquiesce à l'ouïe de « ice tea » (prononcé « aïssu tii »). Je me retrouve avec un café glacé (prononcé « aïssu kohii ») tout ce qu'il y a de plus dégueulasse.)

1 commentaire:

  1. Tu dis que c'est cucul mais rien de plus géniale que d'avoir tes impressions sur le moment ! Car quand tu le racontais, 3 jours plus tard,ça n'avais plus le même goût. Et j'avoue qu'en te lissent je me rends compte de comment j'aimerai être avec toi là bas, voir ce que tu vois et avoir l'sprit constantement ouvert à des nouveautés: gens differents, rues, villes, horaires, bouffe, langue... Cette sensation d'exitation et mélancolie constante que tu dois sentir maintenant, me rends jalouse, oui. Parce que moi, dans mes journées monothones je n'ai plus rien à découvrir et donc, je garde seulement le sentiment de melancolie et de.. lonely, même entourés d'amis et famille. Il me manque toi. Mais que tu écive me fait sentir un peu plus que je le vis aussi, alors, go go ! T'as tj pas écris aujourd'hui ! ;)

    Vive l'internet !

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